Pékin a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de réduction de sa dépendance aux technologies occidentales. Les autorités chinoises ont demandé aux entreprises nationales d’arrêter d’utiliser certains logiciels de cybersécurité américains et israéliens. Parmi les firmes concernées figurent VMWare et Fortinet, deux poids lourds du secteur.
Cette décision s’inscrit dans un plan plus large visant à remplacer intégralement les solutions étrangères dans les infrastructures critiques. Les tensions géopolitiques, notamment avec les États-Unis, renforcent ce mouvement vers l’autonomie technologique.
Le chantier est colossal : la Chine pousse à un renouvellement complet des logiciels d’ici 2027. L’objectif inscrit dans l’initiative Xinchuang est clair et sans appel.
Pékin ordonne aux entreprises chinoises de cesser d’utiliser des logiciels américains et israéliens en cybersécurité
Les logiciels de cybersécurité américains et israéliens sont maintenant officiellement sur la sellette en Chine. Cette décision vise notamment les géants VMWare, désormais sous Broadcom, Palo Alto Networks et Fortinet. Sans oublier Check Point Software, une société israélienne également touchée.
Ces éditeurs ont pourtant une présence tangible en Chine et Hong Kong, ce qui montre que le boycott est loin d’être symbolique. Pekin ne mâche pas ses mots : il veut faire table rase et privilégier absolument tout ce qui est produit localement pour la sécurité des systèmes nationaux.
Officiellement, on évoque la préservation des données sensibles et la crainte de fuites vers des gouvernements étrangers. C’est une question de souveraineté, mais également un signe de défiance politique. Qui pourrait blâmer la Chine ?
Une offensive coordonnée dans le cadre du plan Xinchuang
L’initiative Xinchuang n’est pas nouvelle, mais elle s’est accélérée depuis quelques années. L’objectif est simple : remplacer 100 % des logiciels étrangers dans les institutions publiques et entreprises d’État avant fin 2027.
Cette directive, connue sous le nom non officiel de « Delete America », cible directement des domaines cruciaux comme l’automatisation de bureau, la gestion documentaire, les ERP, et même les systèmes d’exploitation et serveurs. C’est un plan global pour sécuriser et maîtriser toute la chaîne digitale.
Dans la pratique, cette purge impose aux entreprises chinoises de se tourner vers des alternatives nationales, quitte à prendre des risques sur la maturité ou la compatibilité des solutions. Un choix radical qui risque de chambouler bien plus que la simple sécurité informatique.
Conséquences pour le marché et les entreprises mondiales
Les acteurs américains et israéliens sont clairement dans la ligne de mire. Leurs revenus et leur influence sur le gigantesque marché chinois vont forcément en prendre un coup. Broadcom, propriétaire de VMWare, doit maintenant revoir ses stratégies d’implantation locale.
Il ne s’agit pas juste d’un boycott économique. C’est un signal fort dans le contexte global de décorrélation technologique entre la Chine et l’Occident. Avec la montée en puissance de leurs propres fabricants de puces et logiciels, les autorités chinoises ne veulent plus être tributaires des étrangers.
C’est un mouvement similaire à ce qu’on observe dans l’industrie des semi-conducteurs, où Pékin pousse pour une autonomie quasi totale. Le marché des logiciels de cybersécurité n’y échappe pas, bien au contraire.
Les enjeux géopolitiques au cœur de la cybersécurité
Cette interdiction s’inscrit dans une guerre technologique plus large. Pékin veut protéger ses données d’État et limiter tout risque d’espionnage. Mais c’est aussi une manière de contraindre les entreprises nationales à investir localement.
Faut-il y voir une militarisation du numérique ? Peut-être. La dépendance à des éditeurs occidentaux ou israéliens est vue comme un talon d’Achille à éviter. Alors la Chine ne fait pas dans la demi-mesure.
Beaucoup d’observateurs parlent déjà d’un « choc des technologies » qui pourrait redessiner durablement la carte informatique mondiale. Réussiront-ils à tenir leurs délais ? Affaire à suivre de très près !
Source: www.tomshardware.com
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